• Luna

Mon jeûne de 18 jours (suite)




Après avoir publié le carnet de bord de mon jeûne de 18 jours ici, voici la suite. Toutes ces réactions, ces symptômes que j’ai précédemment décrits peuvent faire un peu faire peur : mal de tête, faiblesse, nervosité, tristesse… en effet, un jeûne long n’est pas forcément très agréable, surtout si l’on a beaucoup de choses à détoxifier. Mais tous ces symptômes sont de bons signes ! Cela veut dire que le corps fait son travail de nettoyage. Nul besoin de s’inquiéter, il suffit de prendre son mal en patiente, de positiver, de visualiser que notre corps se régénère, pour le soutenir ! Un profond nettoyage se fait, tant du point de vue physiologique que psychologique.


Les points abordés

1. Le corps pendant le jeûne 2. La motivation 3. L'activité physique durant le jeûne 4. Les nuits 5. La reprise alimentaire 6. Les bénéfices que ce jeûne m'a apporté Le corps pendant le jeûne Quand le corps ne reçoit plus de nourriture exogène (de l’extérieur) il puise dans ses ressources endogènes (interne) : il se nourrit de ses réserves de graisses et de sucres puis s’attaque à tout ce qui est abîmé : tissus malades ou de trop (tumeurs, excroissances…). Tout ce qui ne lui est pas nécessaire à sa survie y passe ! C’est ce qu’on nomme l’autophagie (ce qui veut clairement dire « se manger soi-même » : la capacité des cellules à se régénérer en se recyclant grâce à leurs propres déchets. Imaginons que les cellules en question soient cancéreuses, lors du jeûne elles s’autodigères, s’autodétruises ou élimines les toxines qui l’empoisonnent. Après 24h de jeûne, toutes les réserves de glucose sont épuisées, on rentre alors dans cet état de cétose : le foie ne fonctionne plus à partir du glycogène, mais à partir des corps cétoniques, puisés dans les graisses. C’est ce qui permet de nourrir les cellules saines ! C’est à ce moment-là que l’haleine et la langue se chargent, un goût métallique arrive dans la bouche… et ce durant toute la durée du jeune. Le corps est hyper intelligent ! L’autophagie est réservée qu’aux tissus d’importance secondaire. En d’autres termes : le corps ne s’attaque pas à vos organes vitaux, il les préserve et vie des tissus malades, abîmés, sclérosés… La motivation Il faut une bonne motivation, un vrai but, un mental assez fort pour se lancer, il ne faut pas avoir peur, car la peur ne fera que perturber le travail mis en route par l’abstention de nourriture. Et surtout, il faut avoir pratiqué le jeûne intermittent et le jeûne court, avant d’entreprendre un jeûne long. Bien connaître son corps lorsqu’il est en état de stress est primordial ! Je le répète, mais bien se documenter est essentiel. J’ai lu les 350 pages du livre de Shelton pendant la première semaine de mon jeûne (on a le temps!), j’ai regardé beaucoup de vidéos de Thierry Casasnovas à propos du jeûne, j’ai lu beaucoup de témoignages… mon existence était jeûne, tout tournait autour du jeûne et je pense que c’est ce qu’il faut pour se mettre dans un état d’esprit adapté à la situation et faire disparaître toutes les peurs et les incertitudes.

L’activité physique Il est important de faire le moins d’activités physiques possible, en clair : de rester au maximum dans son lit. Je pense que faire une petite marche ou un tout petit peu d’exercice physique doux, type réveil musculaire et étirements, sont de bonnes choses à intégrer chaque jour du jeûne si l’on se sent capable, mais pas plus ! Car l’énergie dépensée à l’activité physique ne sera pas dépensée à ce que l’on souhaite durant un jeûne : l’élimination. Le repos physique en plus du repos digestif laisse toute la place aux émonctoires de travailler à l’élimination des toxines. Personnellement, je n’étais de toute façon pas capable de faire plus d’une petite marche par jour. Me lever et descendre puis monter les escaliers était déjà un effort en soi et me demandait des précautions pour ne pas tomber dans les pommes : il fallait que je me lève doucement, pas trop vite, que mes mouvements soient eux aussi doux et surtout peu nombreux. Je suis tombée une seule fois dans les pommes en voulant me lever pour fermer mes volets, heureusement ça a été très rapide et je ne me suis pas fait mal ! C’était une petite alerte pour me rappeler qu’il fallait vraiment que j’y aille doucement. Par contre, je m’étirais tous les jours. Debout ou dans mon lit, je faisais des étirements, car je sentais que mes muscles étaient très contractés. Lorsque je m’en sentais capable j’allais marcher tout doucement (mamie walk) 15 minutes, pas plus. Les nuits Ah les nuits de jeûne… loin derrière moi maintenant, enfin! Je suis habituée à me coucher relativement tôt (entre 22h30 et 23h) et me lever relativement tôt (7h). Donc au bout de quelques jours de jeûne… quand il m’était impossible de fermer l’œil avant 2h, 3h, 4h du mat je ne l’ai vraiment pas très bien vécue au début. Puis j’ai respiré, et je me suis dit que c’était normal. Je le savais, car je l’avais lu et entendu au cours de toutes mes recherches, les nuits sont courtes pour la plupart des jeûneurs. C’est la nuit que le plus gros du travail de désintoxication se fait. J’ai encore eu de la chance, car certaines personnes peuvent ne pas fermer l’œil de la nuit, moi je dormais jusque 11h (le truc qui ne m’arrive jamais en tant normal!). C’est surtout la nervosité qui me dérangeait plus que le fait de ne pas dormir. Lorsqu’arrivait 22h, je me sentais hyper énervé, agité, mes gestes devenaient de plus en plus brusques… la sensation était vraiment désagréable… mais le jeu en vaut la chandelle.

La reprise alimentaire Il y a un dicton que j’ai souvent lu au cours de mes recherches sur le jeûne : « N'importe quel imbécile peut jeûner, mais seul un sage saura bien sortir de jeûne”… en effet, je le confirme, c’est la partie la plus compliquée. Mais c’est aussi la partie la plus importante. Une reprise mal conduite est délétère pour l’organisme, surtout après un jeûne long. Il y a plusieurs écoles… il est compliqué de dire qui à la meilleure méthode pour reprendre… je pense qu’il faut vraiment s’écouter et se poser les bonnes questions. Je me suis donc énormément renseignée et j’ai essayé de faire ce qui me semblait juste et bon pour mon corps après un repos digestif de 18 jours ! Je suis partie sur une reprise d’abord liquide, ce qui me semblait logique. J’ai rompu mon jeûne par un jus de légumes : fenouil, carottes, pomme, citron, curcuma. Je ne peux pas vous dire « ce jus est idéal » ou « ce jus est le meilleur après un jeûne », car tout dépend de chaque métabolisme. En l’occurrence, j’ai bu l’équivalent d’un tout petit verre, à la cuillère à soupe, et je ne me suis pas sentie mal du tout ! Alors qu’il m’était déjà arrivé de me sentir mal après avoir (mal) rompu un jeûne de 3 jours, donc début de reprise plutôt positif. J’ai ensuite dans la même journée (vers 18h) bu un petit peu de bouillon de légumes. À la cuillère à soupe également, j’ai bu un demi-bol de bouillon : carotte, navet, oignon, ail, champignon, thym, romarin, cumin et laurier. Sans sel… pas très bon, mais j’ai préféré y aller mollo sur le sel au début. Le premier jus de légumes redonne un peu d’énergie assez rapidement (= ce n’est pas dû au jus en soi, mais plutôt au fait que l’organisme se concentre moins sur son travail d’élimination et plus sur le travail de digestion). Certaines personnes reprennent directement avec des fruits… pour moi cela ne semblait pas trop me convenir dans l’idée. Puis pendant 4 jours je me suis alimenté de jus de légumes, de bouillon de légumes, j’ai consommé également des graines germées (concentré de vitamines et de minéraux et très léger, facile à digérer) avec de l’huile d’olive et du citron. J’ai intégré ensuite petit à petit des crudités en petites quantités (carottes râpées, radis…) puis quelques légumes vapeur (poireaux, butternuts, patates douces) toujours dans des quantités assez réduites. Je suis retournée aux toilettes à partir du 5e jour de reprise alimentaire. J’ai également intégré chaque matin du jus de citron avec de l’aloe vera fraiche (préalablement trempée depuis la veille). L’énergie est revenue au fur et à mesure de la reprise. Bénéfices de ce repos digestif de 18 jours Que vous aillez des problèmes au foie, aux reins, aux poumons… un jeûne (plus ou moins long) peut toujours (si vous en avez la possibilité physique et psychique) être profitable ! Il ne faut pas forcément faire un long jeûne pour tirer des bénéfices de l’abstinence. J’ai fait un jeûne de trois jours l’an dernier qui m’a littéralement sauvé la vie et sortie de mes 11 mois de crise de maladie de Crohn. J’ai entrepris ce long jeûne, car cela faisait un moment que je voulais faire ce travail profond d’élimination et de régénération. Je n’ai pas réellement préparé ni planifié ce jeûne (il aurait vraiment fallu), car je l’ai fait pour éviter une opération. La situation se prêtait également : changement de saison, rupture, déstabilisée émotionnellement, perte de confiance en moi… Ce jeûne m’a remis d’aplomb. Plus de troubles digestifs, un transit au top comme jamais, une vision plus claire de qui je suis, de mon but dans la vie (j’ai d’ailleurs enfin trouvé ce que j’ai envie de faire!), plus de douleurs articulaires (c’était surtout au niveau de la hanche que je pouvais souffrir de temps en temps), plus de goût bizarre dans la bouche (avant le jeûne il m’arrivait d’avoir un goût bizarre)… Je suis toujours assez fatiguée, avec une inflammation au niveau du rectum qui persiste. Mais je n’ai pas fini de me soigner. J’ai entamé il y a une semaine une cure de jus de céleri dont je vous parlerais sûrement dans un prochain article (une fois que j’aurais vraiment avancé dans la cure). Je reste motivée et convaincue du pouvoir de guérison de mon corps. Je sais qu’il fait tout pour me maintenir en bonne santé, qu’il ne s’attaque pas lui même, qu’il fonctionne avec intelligence. Si je regarde derrière moi : loin sont les jours où je passais ma vie aux toilettes, où la douleur me paralysait le ventre, où je n’avais pas d’appétit et que j’étais très maigre. Il me reste une bonne fatigue et une inflammation, le reste fonctionne et va de mieux en mieux chaque jour. Je reste attentive aux signaux, je reste prudente dans mes choix de vie, d’alimentation, de relation… je ne me focalise plus sur ce qui ne va pas, j’essaye au maximum de m’appuyer sur tout ce qui va mieux, tout ce qui a été réparé et renouvelé par le pouvoir de régénération de mon corps.

Alimentation, jeûne, équilibre émotionnel, méditation, avoir foi en la vie et en son corps… tous ces paramètres sont essentiels pour emprunter le chemin de la guérison.


Sources de cet article


Le jeûne, H. Shelton (la base du jeûne et de l’hygiénisme! Je viens de voir qu'il est disponible en PDF : https://vidya.bio/wp-content/uploads/2017/08/Herbert-Shelton-Le-jeune-Le-Courrier-du-Livre.pdf )


Le documentaire Heal de Kelly Noonan disponible sur Netflix. Avec l'intervention de grands chercheurs, scientifiques et protagoniste de la santé naturelle et la guérison à tous les niveaux (Bruce Lipton, Joe Dispenza, Michael Beckwith, Deepak Chopra, Gregg Braden, The Medical Medium Anthony William) mais aussi de puissants témoignages de guérison...


La chaîne YouTube de Thierry Casasnovas où vous trouverez beaucoup de vidéos théoriques très bien expliquées, de témoignages de guérison...


La chaîne YouTube de Fabien Moine regorge également d'infos à ce sujet.




© 2017 MON CROHN AU NATUREL

  • Grey Instagram Icon